Vingt ans après le premier film, Miranda Priestly a rouvert les portes de Runway avec The Devil Wears Prada 2. Et honnêtement ? Voir revenir Andy Sachs, Emily Charlton et Nigel avait quelque chose d’irréel.
Le premier The Devil Wears Prada n’était pas seulement une comédie culte sur la mode. C’était un film sur l’ambition, le regard, le pouvoir et la manière dont une industrie pouvait transformer une personne.
Alors forcément, une question planait au-dessus de cette suite : « Comment faire revenir ces personnages dans un mode où la mode, les médias et Internet ont complètement changé ? »
Et contre toute attente, c’est précisément là que le film devient intéressant.
Miranda Priestly face à un monde qui ne lui appartient plus

Dans cette suite, Runway n’est plus l’empire intouchable qu’il était autrefois.
Le film s’intéresse à la crise des magazines papier, à la domination du numérique, aux investisseurs et à la transformation de l’industrie du luxe. Miranda Priestly se retrouve confrontée à un univers qu’elle ne contrôle plus totalement.
Pour la première fois, le personnage semble vulnérable.
Et voir Miranda lutter contre son propre vieillissement symbolique est probablement l’idée la plus forte du film.
Le retour d’Andy Sachs : risqué… mais cohérent

Le plus grand défi du scénario concernait Andy.
À la fin du premier film, elle quittait Runway pour poursuivre une carrière journalistique plus proche de ses valeurs. Beaucoup de fans se demandaient donc pourquoi elle reviendrait dans cet univers.
La suite répond à cette question en faisant d’Andy une professionnelle accomplie qui revient non plus comme assistante, mais comme éditrice.
Et c’est probablement l’évolution la plus satisfaisante du film.
Emily Charlton vole presque The Devil Wears Prada 2

Dans plusieurs scènes, elle apparaît comme l’égale de Miranda ; voire comme son adversaire.
Son personnage conserve tout ce qui faisait son charme : son sarcasme, son sens de la formule, son obsession du style… Mais il gagne aussi en profondeur.
Certaines de ses scènes sont parmi les meilleures du film.
Les costumes : magnifiques
Évidemment, impossible de parler de The Devil Wears Prada 2 sans parler de mode.
Les costumes sont spectaculaires. On retrouve l’élégance froide de Miranda, le style plus mature d’Andy et tout une galerie de silhouettes luxueuses entre New York et Milan.
Mais plusieurs critiques ont souligné un problème : le film semble parfois tellement conscient de son statut d’icône de mode qu’il transforme certains looks en vitrines publicitaires.
Ce qui rend The Devil Wears Prada 2 attachant…
…c’est sa réflexion sur une question très actuelle : « Que devient une institution quand le monde change plus vite qu’elle ? »
La mode du premier film était dominée par la rédactrice en chef.
La mode de 2026 est dominée par les algorithmes, les créateurs de contenu, les plateformes numériques et les marques mondialisées.
Le film essaie d’explorer cette transition. Et même s’il ne va pas assez loin, l’intention est intéressante.
Ce que The Devil Wears Prada 2 rate parfois
Le principal reproche revient souvent : le scénario veut parler de trop de choses à la fois.
IA, médias numériques, crise de la presse, luxe, féminisme, pouvoir, vieillissement professionnel… certains sujets sont abordés sans être réellement développés.
Et forcément, il est presque impossible d’égaler l’impact culturel du premier opus.
Alors fallait-il une suite ?
Je suis sûre d’une chose : j’ai adoré revoir ces personnages.
Le film n’a pas la même précision ni la même fraîcheur que l’original. Pourtant, il réussit quelque chose de difficile : montrer que la mode n’a plus le même pouvoir qu’en 2006 ; et que ses icônes doivent aussi apprendre à évoluer.
Et finalement, voir Miranda Priestly confrontée à un monde qu’elle ne maîtrise plus est peut-être le retournement le plus fascinant de toute la saga.
Parce que même les légendes de la mode finissent un jour par devoir regarder le futur arriver.

