Il y a des jours où je ne me maquille pas pour “être jolie”. Je me maquille pour m’exprimer. Pour jouer. Pour expérimenter. Et le maquillage artistique est devenu mon terrain de jeu. Car c’est un espace suspendu où la couleur raconte une histoire, où les textures se répondent. Ainsi, mon visage y devient une toile.
Ce n’est plus une routine. C’est un geste créatif.
Maquillage ou art ? Pourquoi ne sait-on plus faire la différence

Quand j’étais plus jeune, je voyais le maquillage comme une technique pour cacher, lisser. Je pensais qu’il servait à corriger. Aujourd’hui, je le vis comme une manière de révéler. Non pas révéler une version “parfaite” de moi-même, mais révéler une humeur, un imaginaire, une identité. Révéler une esthétique type.
Les artistes ont leur palettes, leurs pinceaux, leurs références. Donc moi aussi.
De plus, je me perds dans les gammes chromatiques du maquillage coréen ou japonais, dans ces looks qui racontent la douceur ou la fantaisie en un seul trait d’eyeliner. Aussi, ces influences asiatiques sont devenues ma bibliothèque visuelle.
Je ne copie pas : j’explore. Je ne reproduis pas : j’interprète.
Et quelque part entre deux coups de pinceau, la frontière entre maquillage créatif et art disparaît complètement.
Je maquille, donc je crée

Chaque fois que je me maquille, j’ai l’impression de raconter une histoire différente.
Parfois c’est un moodboard Y2K qui se glisse sur mes paupières. Parfois c’est une ligne ultra-fine façon manga. Parfois c’est juste l’envie de jouer avec la lumière, comme si mon visage pouvait devenir une petite œuvre éphémère.
Je ne cherche pas la perfection : je cherche la sensation et l’expression de soi.
En outre, le maquillage comme art me permet d’être plusieurs versions de moi-même, sans jamais mentir. Parce que c’est une manière douce d’affirmer : “Je ne me transforme pas. Je me construis.”
Puisque créer sur soi-même, c’est accepter de se réinventer autant de fois qu’on le souhaite.
C’est pour cela que, pour moi, se maquiller est devenu un acte de beauté artistique. Un moment où je choisis mes couleurs comme d’autres choisissent leurs mots. Un moment où la créativité passe par les gestes, par les nuances, par l’émotion.
